dimanche, août 9 2015

La saga des sept soleils

Je suis en train de lire cette série de romans de SF de Kevin Anderson chez Bragelonne.
C'est un space-opéra qui aurait tout pour être une franche réussite mais quelques ombres viennent ternir le tableau. Mais d'abord les points positifs. Une grande richesse des personnages et de l'environnement qui forme un univers sinon réaliste du moins assez cohérent. Il y a des problèmes politiques, des problèmes de ressources donc des alliances possibles etc. Les personnages sont attachants et la lecture est facilitée par des chapitres courts qui s'occupent de l'histoire personnelle d'un des personnages. Le suspense est donc naturellement entretenus par la découpe de l'histoire en flash. Bref c'est agréable à lire.
Mais au fur et à mesure de la lecture on s'aperçoit de plusieurs choses. Tout d'abord comme dans beaucoup de romans de SF qui mettent en jeu des planètes, celles-ci sont en fait à considérer plus comme des pays que comme des planètes car chaque planète possède une culture homogène. C'est un aspect que je trouve totalement irréaliste car quand on voit la diversité terrienne, il est difficile de penser que toutes les planètes puissent maintenir un seul gouvernement, une seule langue (une seule langue aussi dans le système "bras spiral" de la galaxie), une seule culture. Il semble aussi qu'il n'y a qu'un seul endroit pour les vaisseaux pour atterrir : dans la "capitale" dont on ne sait pas très bien la taille et ce qu'il y a autour.
Un autre aspect qui me gène est la façon dont la "Hanse" (le gouvernement des humains) est dirigée, à savoir en gros par le président. Il n'y a pas de parlement, de sénat. Par contre il y a un roi fantoche. C'est donc une dictature. Tout au final retombe sur une personne et j'ai du mal à imaginer que cela puisse fonctionner étant donné la diversité des problèmes liés à l'éparpillement de l'humanité dans la galaxie.
D'autre part les personnages bien qu'ayant un caractère bien défini sont souvent d'une grande stupidité, surtout chez les dirigeants. Ils prennent des décisions irrationnelles en se fondant sur leurs émotions plutôt que sur l'analyse des faits. En fait ils me font penser aux dirigeants de nos propres pays qui entrainent tout le monde à la ruine à cause de leur idéologie. C'est affligeant de voir que le futur imaginé par les écrivains est toujours aussi décevant en particulier au point de vue politique.
Les "Ildirans" (mais pas qu'eux) sont aussi très stupides. On se demande comment ils ont pu durer 10000 ans. En gros ils tombent dans tous les pièges possibles en se disant "mais ce n'est pas possible !" Et si, c'est possible. C'est un peu trop facile comme procédé pour écrire des histoires, il suffit d'imaginer un plan foireux et les protagonistes vont tomber dedans sans vraiment réfléchir. On aimerait que les personnages fassent un peu fonctionner leur cerveau (et le notre avec). C'est vraiment trop simpliste.
Par exemple il y a une scène ou quelques personnes essayent de trouver un abris à pied sur une planète hostile après que leur moyen de transport ait été saboté. Ils voient des espèces de plantes bizarres à l'aspect menaçant, ils s'approchent et évidemment ils se font bouffer. Quelle surprise ! Ce genre de scène est très courant au cinéma aussi et m'énerve au plus haut point. En général on est naturellement méfiant et prudent envers l'inconnu.

Un aspect étrange aussi est le comportement des soldats FTD (Forces Terriennes de Défense) qu'on peut assimiler aux soldats US sans faire beaucoup d'effort d'imagination. En effet ils sont d'une grande stupidité, d'un racisme débridé et d'une violence impulsive. Donc là aussi on est déçus de voir que rien ne peut évoluer de ce côté dans l'esprit de l'écrivain. On aimerait découvrir des choses nouvelles.

Oui mais vous allez me dire, si tous les gens sont intelligents, il ne se peut rien se passer et donc il n'y a pas d'histoire à raconter. Je répond possible mais, du coup je me dis qu'il faudrait que je relise mes classiques (Fondation ?) pour savoir si des space-opéras plus intelligent sont possibles.

PS: Un aspect intéressant du livre est la forêt monde qui est constitué d'arbres pensants. En fait c'est plutôt une seule entité distribuée dans la galaxie sous forme d'arbres interconnectés de façon instantanée. Ce n'est pas la première fois que je lis des histoires avec des arbres pensants. Il y a le troisième volet de la saga Ender d'Orson Scott Guard, il y a aussi le Seigneur des Anneaux, il y a une BD de Moebius, les Technopères mais je pensais à autre chose dont je n'arrive plus à me souvenir. En tout cas les arbres exercent une fascination universelle.

vendredi, mai 15 2015

Script Calibre

Pour ceux comme moi qui utilisent Calibre pour gérer leur bibliothèque d'ebooks, voici un script qui sert à déterminer l'emplacement de l'eBook dans le système de fichiers du lecteur :

program:
     firstTag = list_item(field('tags'), 0, ',');
     firstLang = list_item(field('languages'), 0, ',');
     contains(firstTag, '.*documentation.*',
         strcat('doc/', field('title')),
         test(firstLang,
             strcat(firstLang, '/', field('author_sort'), '/', field('title')),
             strcat(field('author_sort'), '/', field('title'))
         )
);

En gros j'ai trois sortes de eBooks : les documentations (étiquette: documentation), les livres en anglais et les livres en français. Je veux que les documentations aillent directement dans un répertoire 'doc', tandis que les livres sont triés par langue.
Ce script n'est sans doute pas parfait, c'est le premier que je fais. A noter que Calibre émet un warning lorsqu'il est validé mais cela fonctionne quand même.

samedi, juin 1 2013

Diviser pour régner

C'est désormais la devise de tous les dirigeants de droite comme de gauche, j'en veux pour exemple récent le fameux mariage pour tous (qui est d'ailleurs appelé par ceux-là même qui l'ont soutenu "le mariage homo"...), qui succèdent au débat sur l'identité nationale (avec l'UE la nation devient une espèce en voie de disparition). Mais ce n'est qu'un exemple parmi une multitude puisque cela devient le mode de gouvernement.
En effet quoi de plus intéressant en cette période de crise (dont les responsables sont au pouvoir) que d'occuper l'esprit des gens avec des problèmes minimes ? Je considère que les problèmes des homosexuels sont effectivement minimes par rapport aux problèmes de crise financière, environnementale et aussi politique, démocratique, du travail etc.
C'est intéressant car ces gens qui ont été divisés par des problèmes mineurs auront beaucoup de mal à se rassembler ensuite sur des problèmes majeurs car il sera facile de les monter les uns contre les autres en rappelant leurs différences dans tel ou tel domaine. Ainsi nos dirigeants fabriquent facilement des excités pour des problèmes non prioritaires du point de vue de l'intérêt général et des moutons pour les problèmes majeurs de la société qui nécessitent de s'entendre sur des fondamentaux.
Au contraire, les gens sont de plus en plus sans repères car les repères historiques moraux sont détruits peu à peu par l'idéologie ultra-libérale au nom de la sacro-sainte liberté.
Le but étant de fabriquer des consommateurs apolitique qui ne savent plus ce que devrait être une société démocratique de droit, mais qui ne pensent qu'à satisfaire leurs besoin de plaisir sans réfléchir une seconde aux conséquences à long terme. Le long terme n'existe plus, seul le présent compte quitte à sacrifier les principes qui ont fondé la civilisation.
Tout cela va très mal finir si on ne revient pas très vite sur terre. Même Jeremy Rifkin termine son livre "La 3ème révolution industrielle" en s'inquiétant de la rupture des enfants avec la nature. Le pourcentage d'enfants qui ont des loisirs dans la nature est de plus en plus faible tandis que ceux qui ne veulent plus s'éloigner de leur gadgets électroniques sont de plus en plus nombreux. Il s'inquiète de cela car un discours écologique face à des individus insensibles aux mystères de la nature n'a que très peu de chance d'aboutir.
Il n'est pas nécessaire d'aller sur Mars pour s'émerveiller, on a tout ce qu'il faut sur Terre mais protéger la Terre est contraire aux objectifs des multinationales. Donc on déracine les gens pour qu'ils ne s'émeuvent pas du massacre de la nature.
Moi même bien qu'étant fan de SF, je commence à avoir une indigestion d'illustrations de robots ou armures autonomes, de paysages de villes voir de mondes entièrement recouverts de bâtiments sinistres. Est-ce vraiment cela qu'on veut ? Un monde sans un seul arbre, où les enfants seront conçus dans les laboratoires de Monsanto car tout le monde sera devenu stérile depuis longtemps à force d'ingurgiter de la merde avec le sourire. Un monde en guerre permanente dans la peur du terrorisme pour satisfaire les marchands d'armes. J'ai lu tellement de romans de SF qui décrivent des mondes similaires que j'hallucine de voir tout cela arriver en réalité car contrairement à la SF on n'a qu'un seul monde.
J'ai l'impression de m'être un peu éloigné du sujet. Toujours est-il que je compte bien approfondir ces problèmes avec le livre de Dany-Robert Dufour que je viens de commencer : « Le Divin Marché. La révolution culturelle libérale » dont vous apprécierez le piquant de la couverture. Le divin marché
Tiens ça me fait penser à JP Petit qui décrit les inconvénients d'ITER dans cette video http://www.agoravox.tv/actualites/technologies/article/jean-pierre-petit-iter-mythes-et-39372. Il termine en vantant les avantages qu'il y aurait à développer la Z-machine mais il ne se pose pas la question de savoir si le but de l'humanité est vraiment de construire des usines à gaz pour consommer toujours plus d'énergie ? Pour faire quoi ? La guerre ? Le problème de la faim n'est pas un problème d'énergie mais de partage. Je pense qu'avoir plus d'énergie ne résoudra aucun problème comme la misère la faim, par contre cela satisfera notre besoin de machines qui pourront s'y nourrir. D'ailleurs à propos de machine, Jeremy Rifkin essaye d'imaginer ce que sera le travail dans le futur et c'est très bizarre. Il prédit que l'industrie va complètement disparaitre comme débouché de travail car tout sera fait par des robots et supervisés par quelques humains très compétents. Le reste de la population s'occupera dans ce qu'on appelle aujourd'hui les associations, le bénévolat etc. dans des domaines comme la santé par exemple. Ce n'est pas très clair mais je le trouve un tantinet optimiste car juste après il rappelle les nombreuses crises actuelles qui pourraient aboutir au chaos généralisé. C'est quand même à mon avis ce qui a une forte probabilité d'arriver si les dirigeants continuent d'essayer de sauver un système moribond.

Mise à jour: depuis ce billet, j'ai vu cette vidéo de JP Petit et je ne boude pas mon plaisir de constater qu'il est parvenu à la même conclusion que moi à savoir : la Z-machine va principalement servir à construire des bombes pour les militaires.
Du coup sa priorité ne serait plus dans ces technologies complexes mais dans la simplicité des centrales solaires thermiques comme Andasol en Espagne. Je ne peux qu'être d'accord avec ce but.

dimanche, mai 19 2013

L'oiseau d'Amérique

L'oiseau d'Amérique C'est un livre de Walter Tevis que je viens de terminer et c'est vraiment une histoire qui mérite d'être lue. Cela se passe en 2467, dans un monde où la lecture et l'écriture sont bannis et interdits. Un monde où les gens ont appris à se droguer et à n'avoir aucune relation personnelle avec les autres. Un monde où les robots assurent tout le travail y compris la justice.
Bref un monde mort ou agonisant.
Le livre date de 1980 mais je trouve qu'il est d'une terrible actualité. Comme tous les bons romans de SF, il anticipe (quoique) les dérives actuelles pour en imaginer un paroxysme d'absurdité. Il en profite pour poser des questions fondamentales sur le sens de la vie.
Je n'en dis pas plus car il se lit facilement et n'est pas très long.